1er Mai 2026- Fête du Travail: Message du President Oumar NDIR.

Chers entrepreneurs, cadres, dirigeants et travailleurs du BTP,
En ce 1er mai 2026, journée internationale dédiée aux travailleurs, je souhaite m’adresser à vous avec gravité, lucidité, mais aussi avec une profonde conviction : celle que notre secteur, pilier stratégique de notre économie, dispose en lui-même des ressources pour se relever et se transformer.

Cette journée est traditionnellement un moment de reconnaissance du travail, de l’effort collectif et de la contribution essentielle des femmes et des hommes à la construction de nos nations. Mais elle est aussi, pour nous aujourd’hui, un moment de vérité.

Le secteur du BTP sénégalais traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente.

Nos entreprises font face à une accumulation de contraintes :
• des créances importantes dues par l’État, fragilisant dangereusement les trésoreries ;
• un ralentissement marqué, voire un arrêt, de nombreux projets d’infrastructures ;
• une contraction de la commande publique ;
• une concurrence accrue, souvent déséquilibrée, sur les marchés ;
• des tensions sur les coûts des intrants et des difficultés d’accès au financement.

Ces réalités ont des conséquences concrètes et douloureuses : chantiers à l’arrêt, pertes d’emplois, affaiblissement de nos capacités techniques, et, dans certains cas, disparition pure et simple d’entreprises pourtant bâties avec des années d’efforts et de sacrifices.

Nous devons regarder cette situation avec courage et responsabilité. Car au-delà des entreprises, c’est tout un écosystème – des milliers d’emplois, de sous-traitants, de jeunes talents – qui est aujourd’hui menacé.

Dans ce contexte, j’en appelle à votre sens des responsabilités.
Nous avons le devoir de préserver autant que possible nos outils de production, de maintenir les compétences, et de protéger notre capital humain. Nos travailleurs sont notre première richesse. En ce 1er mai, ils doivent rester au cœur de nos priorités.

J’en appelle également à la solidarité sectorielle. Plus que jamais, nous devons faire bloc. Le temps n’est pas à la dispersion, mais à la convergence de nos forces, à la mutualisation de nos moyens, à la structuration de réponses collectives.

Face à ces défis, nous ne pouvons nous contenter de subir. Nous devons proposer, construire et porter une vision.

C’est tout le sens de l’initiative que nous avons engagée : le New Deal pour les Infrastructures.

Ce New Deal repose sur une conviction forte :
le secteur privé national doit être au cœur de la réponse aux besoins en infrastructures du Sénégal.

Il s’articule autour de leviers structurants :
• La montée en puissance progressive du secteur privé national dans la prise en charge des projets d’infrastructures ;
• La création de consortiums puissants d’entreprises sénégalaises, capables d’atteindre la taille critique, de mutualiser les compétences et de renforcer leur crédibilité technique et financière ;
• Le développement de Partenariats Public-Privé ambitieux, comme outils de financement et d’accélération des projets ;
• Une implication renforcée du système bancaire, pour accompagner durablement la croissance du secteur.

Ce New Deal n’est pas un simple concept. Il est une feuille de route pour la reconquête, un cadre pour la transformation, une opportunité pour repositionner durablement nos entreprises au cœur de l’économie nationale.

Oui, la situation est difficile. Mais elle n’est pas sans issue.

Notre secteur a des atouts indéniables :
• une expertise accumulée sur des décennies ;
• des ressources humaines qualifiées et engagées ;
• une connaissance fine du terrain et des réalités locales ;
• une capacité d’adaptation et de résilience déjà éprouvée.

Les besoins du pays en infrastructures restent immenses : logements, routes, ouvrages d’art, équipements publics. La demande est là. Elle est structurelle. Elle est appelée à croître.

C’est donc ensemble, organisés, structurés et ambitieux, que nous devons nous positionner pour capter cette demande et contribuer pleinement au développement du Sénégal.

Chers entrepreneurs, cadres, dirigeants et travailleurs du BTP,
L’histoire de notre secteur est faite de défis surmontés. Celui que nous traversons aujourd’hui en est un majeur. Mais il peut aussi être un tournant.

Un tournant vers plus de structuration, plus de souveraineté économique, plus de solidarité entre acteurs nationaux.

En ce 1er mai, je souhaite rendre hommage à tous les travailleurs du BTP, à leur engagement et à leur dignité.

Et je vous invite, vous, chefs d’entreprise, à rester debout, unis et résolument tournés vers l’avenir.

Car construire, ce n’est pas seulement ériger des ouvrages.
C’est aussi bâtir une vision, porter une ambition, et tracer un chemin.

Ensemble, relevons le défi.
Ensemble, construisons le renouveau.

Je vous remercie.

Oumar NDIR
Président du SPEBTPS

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