BTP Au Sénégal : Vers Un « New Deal » Pour Relancer LesInfrastructures

Le secteur du bâtiment et des travaux publics (ВТР)
sénégalais amorce une nouvelle phase de réflexion stratégique. Réunis ce jeudi dans un Hôtel de la place, les acteurs publics et privés ont pris part à une table ronde de haut niveau organisée par le Syndicat professionnel des entrepreneurs de BTP du Sénégal
(SPEBTPS).
Placée sous le thème « Dialogue stratégique public-privé autour des enjeux du secteur des BTP », cette rencontre a enregistré la présence du ministre des Infrastructures, ainsi que de nombreux représentants d’institutions, d’entreprises et d’organisations professionnelles.
Dans son allocution d’ouverture, le président du SPEBTPS Omar Ndir à rappelé le rôle central du BTP dans le développement économique et social du Sénégal. « Le BTP est un moteur de croissance, un levier d’emplois et un catalyseur de modernisation », a-t-il souligné.
Cependant, malgré cette importance stratégique, le secteur fait face à de nombreux défis : difficultés d’accès au financement, pression sur les modèles économiques, insuffisances dans la planification des projets et fragilités dans le respect des engagements contractuels.
Le triptyque coût – délai – qualité, au cœur des préoccupations, reste difficile à maîtriser sur le terrain, entraînant retards, surcoûts et parfois une qualité insuffisante des infrastructures.
Les échanges se sont articulés autour de deux panels principaux :
L’exécution et la livraison des chantiers, avec un focus sur la maîtrise des coûts, des délais et de la qualité
L’avenir du secteur privé du BTP, face aux mutations du marché sénégalais et aux exigences d’une croissance durable
Les participants ont insisté sur la nécessité d’aboutir à des recommandations concrètes et opérationnelles, capables d’améliorer durablement la performance du secteur.
Moment fort de la rencontre : l’appel lancé par le
SPEBTPS à la mise en place d’un « new deal pour les infrastructures » au Sénégal.
Ce nouveau cadre stratégique repose sur quatre piliers :
Un rôle accru du secteur privé national dans la réalisation des infrastructures

Le développement de partenariats public-privé (PPP)
plus ambitieux
Une implication renforcée des banques et institutions financières
« Ce new deal n’est pas une option, c’est une nécessité », ont insisté les organisateurs, appelant à un changement de paradigme fondé sur la confiance, la transparence et la performance.
L’État appelle à plus de rigueur car de son côté, le ministre des Infrastructures a reconnu les difficultés du secteur tout en appelant à une responsabilité partagée. Il a notamment pointé des écarts importants entre les financements mobilisés et le niveau réel d’exécution des projets.
Certaines infrastructures, initialement prévues sur quelques années, accusent des retards allant jusqu’à dix ans, tandis que d’autres subissent des dégradations précoces, nécessitant des coûts de réhabilitation élevés.
Face à ces constats, les autorités envisagent un renforcement de la gouvernance des projets, une meilleure planification et, surtout, des sanctions plus strictes contre les entreprises défaillantes.

Au-delà des constats, cette table ronde marque une volonté commune de refonder le secteur. Tous les acteurs s’accordent sur un point : le développement du Sénégal passe inévitablement par des infrastructures de qualité.
« Le temps du diagnostic est révolu, place aux résultats », a conclu le représentant du ministère, appelant à des actions concrètes et immédiates.
Mamadou Touré
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